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Archive for Nouvelles

Notes d’un souterrain

Impossible de s’insurger: deux et deux font quatre. La nature ne demande pas votre avis; elle n’a rien à faire de vos désirs, que ses lois vous plaisent ou non, elle s’en moque. Vous êtes obligé de l’accepter telle qu’elle est, et par conséquent tout ce qui s’en suit.

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The devil and Daniel Webster

Dan’l Webster’s brow looked dark as a thundercloud. “Pressed or not, you shall not have this man” he thundered. “Mr. Stone is an American citizen, and no American citizen may be forced into the service of a foreign prince. We fought England for that in ‘12 and we’ll fight all hell for it again!”

“Foreign?” said the stranger. “And who calls me a foreigner?”

“Well, I never yet heard of the dev — of your claiming American citizenship,” said Dan’l Web- ster with surprise.

“And who with better right?” said the stranger, with one of his terrible smiles. “When the first wrong was done to the first Indian, I was there. When the first slaver put out for the Congo, I stood on her deck. Am I not in your books and stories and beliefs, from the first settlements on? Am I not spoken of, still, in every church in New England? ‘Tis true the North claims me for a Southerner, and the South for a Northerner, but I am neither. I am merely an honest American like yourself - and of the best descent - for, to tell the truth, Mr. Webster, though I don’t like to boast of it, my name is older in this country than yours.”

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Citation

Nous sommes tous, pour le meilleur et pour le pire, irreductiblement humains.

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Bio Rorty

http://plato.stanford.edu/entries/rorty/

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How strange it is to be anything…

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Import: déjà lu

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Charest… Charreux

On est encore en train de ridiculiser notre participation à Kyoto avec l’accord du gouvernement Charest de contruire un autre bundle de routes et de ponts. ‘La priorité est au transport en commun’, le rapport BAPE le dit, les groupes d’interventions le disent, même le gouvernement le dit. On nous prend vraiment pour des caves.

http://www.ledevoir.com/2005/12/23/98410.html

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Fiction et histoires de la grande guerre

Quelques grands auteurs sur la grande guerre:

  • Erich Remarque, All Quiet on the Western Front
  • Robert Grave, Goodbye to all That
  • Ernest Hemmingway, A Farewell to Arms

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La grande guerre

Tojours dans la série sur le livre ‘Modern Europe’ de Briggs & Clavin, voici quelques notes concernant la 1ère guerre mondiale.

Débuts

Le début de la grande guerre est plutôt flou. On parle de la crise de Sarajevo, où un étudiant serbe assassine l’arche duc de l’Austro-Hongrie, sous la direction du gouvernement serbe. C’es avec plaisir que la guerre a été accueillie dans plusieurs cercles; on cite ainsi la montée des nationalismes, le besoin d’affirmation nationale comme une des grandes causes de la montée de la guerre.

On entrepris la guerre, opposant les forces centrales (Allemagne, Austro-Hongrie. Empire Ottoman) et les alliés (France, Angleterre, Russie, plus tard les États-Unis), avec la conviction qu’il s’agirait d’une excellent occasion de préserver un présent glorieux, ou encore de restaurer un honneur terni, ou encore de créer un futur glorieux. L’optimisme des participants était étonnant; on prévoyait une fine de la guerre pour Noël 1914, non 1918.

Développement de la guerre

Suite au dé pipé de l’ultimatum de juillet, où l’Austro-Hongrie rejète une soumission partielle de la Serbie, préférant la guerre, la guerre éclate avec la Serbie, puis à la Russie, la France, et finalement envahie la Belgique, qui poussera l’Angleterre à déclarer la guerre contre l’Allemagne.

La cohésion et la stabilité politique des pays bélligérants détermina l’issue de la guerre. La grange guerre en fut une de tranchée; des morts futiles et successives, des avancées pénibles, des gains médiocres. Le coût humain fut élevée, et le prix à payer pour la guerre fut souvent la révolution, en Europe de l’Est, dans l’empire Ottoman, en Russie.

La poursuite de la guerre

La question à se poser, malgré toutes la futilité et la difficulté de la guerre, pourquoi continua-t-on de battre? Lors de la deuxième guerre mondiale, on avait un soutien idéologique, tout comme lors de la Guerre froide. Il faut y voir, d’une part, la montée du nationalisme de tous les côtés de l’Europe, de l’autre, la peur de la perte alors que la guerre a déjà été entamée. Avec les nouveaux moyens technologiques, on pensait qu’une seule bataille pouvait tourner le vent en sa faveur; bien au contraire, c’est ce qui a assuré la longueur et la lenteur de la guerre.

La montée et la chute de l’Allemagne

L’Allemagne du se battre sur deux fronts: à l’est comme à l’ouest. Alors qu’en France et en Belgique on parlait surtout d’une guerre de tranchée, l’avancée est beaucoup plus rapide face au Russes qui sont mals préparés. Alors que jusqu’en 1917 on observe une guerre meurtrière mais dans grandes avancées, l’entrée des États-Unis en guerre le 6 avril 1917 sonne le début de la fin pour les pouvoirs centraux.

L’opportunisme et l’optimisme original céda la place à une guerre d’exhaution, d’endettement,. et c’est plus les économies que les idéologies qui se virent en bataille. Un endettement de toutes part envers les États-Unis porta décidemment le pouvoir outre-Atlantique après la guerre.

La Russie en révolution

En février 1917, l’empire russe s’effondre. Les bolsheviks, sous la tutelle de Lénine, transforme la rhétorique marxiste, tradionellement associée aux travailleurs industriels, et l’adapte à la réalité paysanne russe. Il s’agit d’une révolution largement sans violence, contrairement aux événements qui vont suivre dans les années à venir en URSS. C’est ainsi qu’on instaure les soviets, des cellules locales de démocratie rurales et urbaines. La fin de la guerre annonce la perte de larges territoires et ressources en Europe de l’Est, mais permet à Lénine de continuer la révolution marxiste en Russie.

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Weber: The Protestant ethic and the spirit of capitalism

Quel intéressant et déroutant livre que le classique de Weber. En gros, Weber fait un rapprochement entre l’éthique du protestantisme (la glorification du travail pour le travail entres autres) et l’apparition du capitalisme. En effet, le catholicisme ne glorifie pas le travail; il a plutôt une vision ascétique de la vie qui le portes à se foutre plus ou moins fortement de la vie terrestre. Le protestantisme, au moins dans sa version originale, portait à glorifier le travail, ce qui aurait façonné significativement le cours de l’évolution du capitalisme anglais. Fort intéressante thèse.

La nature de l’homme

On l’oublie trop souvent dans cette société hyper-occidentale, la collecte de l’argent n’est pas nécessairement un but en soi. Dans les sociétés dites traditionnelles, celles qui connaissent (subissent) le capitalisme naissant, on assiste à un curieux phénomène au niveau de la productivité: dans un travail rémunéré au rendement, payer plus baisse la productivité de l’employé. C’est que pour un traditionnel, le but du travail est l’acquisition d’une quantité d’argent nécessaire à la perpétuation de son mode de vie. Ni plus ni moins. Ça fait penser au passage dans La Peste de Camus: “Je n’ai jamais vécu la pauvreté; j’ai ajusté mes besoins à mon salaire”.

Le capitalisme pourtant nécessite une éthique qui glorifie, accentue l’accumulation de richesse pour soi; non pas l’argent pour l’accumulation de bébelles, mais l’accumulation d’argent pour son plaisir intrinsèque. On réussit à transformer la société protestante en une société capitaliste idéale grâce à la notion de ‘destin’. Il s’agit là d’une partie intégrante de l’originale éthique religieuse du protestantisme introduit par les calvinistes, nous confit Weber.

Le prolétariat était en esclavage de salaire (wage slavery, dans les termes de Chomsky) jusqu’à ce qu’il obtiennes un salaire décent. On optimise l’entreprise en laissant les gens crever de faim. Il faut dire que la société moderne a de la difficulté à se départir du concept. Le capitalisme a eu besoin d’un carquois idéologique; ses bases idéologiques ne sont pas celles de l’homme libre; il a pu s’imposer grâce à une redoutable efficacité et à une éthique importée de la religion ambiante de l’époque, de l’endroit.

L’homme dans le capitalisme

L’auto-flagellation, l’homme travaillant pour son travail, et non l’inverse, c’est là une dévotion, une dévotion qu’on ne peut qu’attribuer à un sentiment religieux. Le capitaliste ne reçoit la satisfaction du travail bien fait; sa sphère mentale se limitant au ridicule, inimportant immédiat qui doit à tout prix se perpétuant. L’homme n’a pas d’oeillères; c’est plutôt le brouillard qu’il l’afflige.

Une fois la machine capitaliste commencée, rien ne l’empêche de se perpétuer. Le cadre idéologique est parti, mais le capitalisme se perpétue malgré son manque flagrant de sens et d’auto-cohésion.

L’évolution théologique menant au capitalisme

Le luthéranisme introduit le concept de destin. C’est cependant dans le calvinisme qu’il trouve son apogée. Le calvinisme/puritanisme nous dit: certains sont choisis, d’autres non. Rien ne change l’ordre divin. On est marqué à la naissance. Il s’agit, vous l’aurez compris, d’un terrible système de perpétuation de peur maladive de tout. Un quelconque signe de ‘malpropreté’ indique la damnation. Bien que les bonnes moeurs ne garantissent pas le paradis, elles sont le signes qu’on peut tout de même y réfléchir. D’où l’idée de ‘marcher les fesses serrées’, de s’occuper dans le but de s’éviter toute interaction qui pourrait signifier la damnation imminente.

Les mains au repos sont l’outil du diable, disais-t-on jadis. Le travail fourni la diversion. Il faut voir la distinction avec le catholicisme, qui lui permet le péché, suivi de la repentance et enfin du pardon. Malgré tout, le protestantisme demeure fondamentalement ascétique, mais la conclusion final est différente: pour le protestant, l’effacement terrestre calme la peur de l’au-delà, alors qu’il est à tout le moins un peu plus invitant pour le catholique, qui lui se fout du monde réel.

La salvation dans le protestantisme ne provient pas des sacrements, de la confession, ou des bons travaux; rien à faire donc. Rien à faire de la vie de moine, il faut passer à l’action.

L’éthique protestante

Reste un détail inconsistent entre l’éthique protestante et le capitalisme: pour le protestant, l’accumulation d’argent est un grand danger, sa poursuite est insensée. L’argent cause le repos, et le repos est inacceptable, comme d’ailleurs la vie sociale, le luxe, la luxure, et même la contemplation. Le travail est la technique ascétique par excellence, donc, au delà de ce qui est strictement nécessaire pour le maintien de la communauté. Le travail va vers la glorification de Dieu et l’obéissance à son commandement.

En réalité, l’accumulation de richesse est un mal dans la condition où cela encourage le repos. La persévérance et l’acceptation passive de sa destinée est essentiel pour la salvation. Le mode est tel qu’il est, rien à faire avec (comparer avec le manuel d’Épictète). Le chrétien doit accepter sa destinée et faire de son mieux avec; performer aussi bien que possible n’est pas une possibilité, c’est une obligation morale. Souhaiter la pauvreté (monastique, même) est équivalent à souhaiter d’être malade.

La tendence puissante vers l’uniformité de la vie, aujourd’ui si immensément essentielle à l’intérêt capitaliste de la standardisation de la production, a sa fondation idéale dans répudiation de l’idolatrie de la chair.

D’un autre côté dépenser l’argent est un mal s’il ne sert pas à glorifier Dieu. L’étau se resserre.

Le capitalisme est contradictoire; pour commencer, il requiert une solide éthique ambiante de dévotion. Cependant, la richesse engendre la colère et l’envie, efface la peur de l’incertain vis-à-vis cette vie qui ainsi efface le sentiment religieux. À partir d’un point de non-retour, l’éthique utilitaire remplace les motifs religieux. Le capitalisme s’est alors laïcisé.

La pauvreté engendre la peur et l’obéissance; le capitalisme, comme la religion, a exploité ce sentiment a son effet. “Le puritain voilait travailler à sa destinée; nous y sommes obligés”.

“Des spécialistes sans esprit, sensualistes sans coeur; cette nullité imagine quelle a atteint les hautes sphères de la civilisation.”

Conclusion

Le classique de Weber a vieilli de façon inégale; son tour d’horizon des sectes protestantes est plus ou moins rélévant de nos jours. Cependant, ce qui a trait au développement du capitalisme et spécialement l’illogisme profond de sa morale absurde est débusquée d’une manière intemporelle qui reste indispensable (et drôle, et douloureuse!) aujourd’hui.

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